Haïti/Montréal- Mission en Formation Continue... Comment aider à sortir de la ‘’passivité’’ pour s`ouvrir à l`entourage dans la Paix?

2015- Des attentats en France, violence en Haïti… Comment  aider une personne à sortir de la ‘’ passivité - de la famille,’’ pour s`ouvrir aux autres, aux peuples dans la construction de la Paix ?


Izabete Dal-Farra, a passé un mois de Formation Continue à l`Institut de Formation Humaine Intégrale  de Montréal (IFHIM) – du 10 janvier au 16 février 2015,  pour approfondir ce fonctionnement  et bien d`autres dimensions humaines,  qui l`aidera à mieux vivre sa Mission  comme Intervenante dans le Réseau IFHIM_Haiti,  ou elle travaille avec 16 membres  de 10 autres Congrégations Religieuses, la plupart Haïtiennes.


La  Formation Humaine Intégrale par l`actualisation des Forces Vitales Humaines  vise  la croissance de l`autonomie psychique dans l'ouverture en toute liberté intérieure, pour aimer au-delà des frontières.  ‘’Nouvelle manière de voir toute la réalité humaine, cette formation est une nouvelle perspective sociale qui a pour vision la transformation de la personne en vue d`une transformation de la société.’’ (Claire Hamel, Magazine de la Personne, volume 7, no. 1 p. 67).  Le constat est clair, nous restons bien de fois, collés à nos familles. La famille, peut-être la nationalité, la couleur, l'ethnie, la famille religieuse, un groupe spécifique... Le Peuple Haïtien  est confronté à ce défi, plus spécialement que d`autres peuples. 

 

Le travail en Réseau que nous vivons en Haïti est une action prophétique pour la Vie Consacrée. Le Pape François vient confirmer ce choix que cet Institut avait fait il y a de cela une trentaine d'années.  La Formation pour devenir Bâtisseur  de Paix ou  Secouriste pour la Paix et la Restauration des Forces Vitales Humaines, apporte au peuple Haïtien un nouveau souffle. En 2014, le Réseau a offert 25 sessions de Formation en Caravanes, surtout à Port-au-Prince, pour les Agents de la Pastorale dans différentes Paroisses, Parents et Éducateurs, ainsi que quelques Communautés Religieuses et Associations de femmes habitant dans la Montagne de Canaan. Notons que ce groupe, s'est engagé dans des moments significatifs en arrivant à 240 heures de Formation. Ce qui les a permis d`atteindre directement 804 personnes ayant comme impact social  plus de  23.000  entre Jeunes et Adultes.


‘’…Dans ce chemin d'apprentissage ensemble, en réseau,  avec la supervision des Professionnels de l'IFHIM,  j'avance librement, en choisissant la Paix et ses conséquences.  C`est  le feu du Charisme Bleu en moi, qui part à la ‘’rencontre d`une brebis perdue’, comme a fait notre Sainte Emilie de Villeneuve : Rassembler les personnes dans la joie!  Je suis contente d`avoir atteint mon objectif en qualifiant davantage mes interventions.  Reconnaissante à la Congrégation et à L`Institut, je donne un nouveau sens à mon travail en Réseau, consciente que nous sommes  Communauté Formatrice en Formation.  Je sais que dans ce contexte, avec le fonctionnement des Haïtiens et  le mien comme Brésilienne,  je suis en mesure de me resituer dans mes forces,  pour poursuivre l`aide aux personnes, dans un lien d` Amour et de Paix.’’ Comme disait Ivanete Dal-Farra : ‘’Voilà ma mission et mon secret : UNIR, bâtir une relation de tendresse, de paix!’’ Elle nous accompagne dans ce chemin de Mission en Formation! A l'Oratoire de Saint Joseph de Montréal, j'ai rendu grâces à Dieu avec les Pèlerins pour la Canonisation de notre Sainte Emilie !’’


Par Izabete Dal-Farra, cic

Haïti le 18 février 2015. 

LA PAIX EST- ELLE  POSSIBLE EN HAÏTI ?



Formation des "Secouristes pour la Paix": Paroisse Saint Joseph, du 10 au 12 octobre 2014

Face à la violence que nous vivons dans les quatre coins du monde, la formation pour la PAIX devient une URGENCE. En Haïti, cette formation est un apport offert par le Réseau IFHIM (Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal), qui depuis Janvier 2014 a déjà formé 437 agents comme "secouristes pour la Paix".

 

La Paroisse Saint Joseph se trouve au Centre Ville de Port au Prince, dans une zone considérée "rouge" (dangereuse). C'est dans ce lieu que nous avons reçu un appel du Père Vilnor Lliéris en ces termes: "Venez maintenant car nous avons tellement besoin de Paix. Il y a des balles et des morts que nous retrouvons tous les jours sur nos routes...".

 

Izabete, sœur bleue, se charge de l'organisation et de l'animation de  ces trois jours de formation avec Sœurs Denise Lauture (Missionnaire du Christ Roi) et Mimose Jean (Divine Providence). Toutes les trois sont membres du Réseau.

 

Malgré cette insécurité, nous avons décidé d'y aller. Ils veulent la Paix et nous avons reçu une formation pour les aider. Si c'est la Volonté de Dieu, les chemins s'ouvriront. C'est dans cet esprit de confiance que nous sommes allées à la rencontre de ces paroissiens de Saint Joseph.

 

Le vendredi 10 octobre, nous avons eu beaucoup de difficultés pour arriver dans cette Paroisse à cause de l'insécurité. Mais fort heureusement, Dieu prend toujours soin de ses enfants.

 

Des jeunes et des adultes engagés dans trois différents mouvements ont participé à cette formation. Ils étaient 26. Ils ont soif de paix. Ils évoluent dans un environnement insalubre, instable, dans une grande pauvreté. "Dans ce contexte, il est difficile de construire la Paix. Cependant, vivre sans paix, c'est un problème", dit l'une de nous. Nous avons donc décidé d'aller à leur rythme, les aidant à dégager la colère pour vivre une expérience de Paix. Ils veulent une transformation: vivre en Paix

 

Vers 11 heures, il y eut un moment significatif que nous voulons partager. Tout d'un coup, nous avons entendu des coups de feu. La panique se lisait sur les visages, chacun cherchant à se mettre à l'abri. Des gestes qui révèlent leurs traumatismes. Quelle n'a pas été notre surprise lorsqu'un jeune est arrivé tout essoufflé dans la salle au moment où l'une d'entre nous intervenait. Son nom figurait sur la liste des participants.

 

Après ce moment d'instabilité, de secousse, nous avons invité les participants à regarder la réalité de la peur provoquée par ces tirs et à dégager les fortes émotions.

 

Nous nous sommes mises aux "soins intensifs" pour accompagner chaque participant en actualisant les Forces Vitales Humaines selon le processus de Formation Humaine Intégrale (cf ifhim.ca). Le calme est revenu et ils ont senti un bien être dans leur corps. La sérénité et le sourire sont de pair. Ce n'est pas étonnant d'entendre en fin de journée un jeune dire : "La Paix a pris un nouveau sens dans ma vie".

 

Quelle Bonne Nouvelle ! Dans un milieu chaud, une zone rouge d'Haïti, 26 personnes ont goûté à la Paix. Il y a déjà des changements dans cette Paroisse. Une fois de plus le Réseau IFHIM en Haïti s'est engagé pour bâtir la paix. Un lien de concertation rapide nous a permis de vivre une belle journée, en passant par les énergies et les formes d'Amour. Au milieu de la peur, entre les tirs, nous avons vu qu'il était possible de construire la Paix quand les personnes s'engagent à vivre et à multiplier ce qu'elles ont appris.

 

Que dirait aujourd'hui Emilie de Villeneuve devant cette expérience vécue avec lucidité et amour ?

 

Sr Izabete Dal-Farra 

Formation à Cazeau

 Le  Charisme Bleu prend racines en Haiti,  par l´engagement  de la communauté dans plusieurs domaines.   Sr. Izabete s´engage dans la Formation avec le Réseau IFHIM-Haiti. Du 21 au 25 de Mars 2014, 36 personnes ont retrouvé le sourrire, après un intense travail de Resturation des Forces Vitales dans les expériences traumatiques. Ce sont les femmes de l´Atelier de Création Artesanale, animé par Sr. Antonia de Arruda Nunes, quelques  voisins/nes et  les  Agents  "Sécourristes pour la Paix" de la Paroisse Sainte Claire et de Marie Madeleine.  Ils/Elles voulaient sortir de leurs traumatisme pour devenir plus libres. Une équipe des Animatrices de Huit Congrégations differentes, la plus part Haitiennes, toutes formés à l´IFHIM, (cf. www.ifhim.ca) se mettent au travail durant cinq jours. 


Que dire de la qualité de présence à la personne pour vivre une telle expérience ? Au début, nous avons senti la lourdeur du  groupe, la plupart des femmes souffrant par la misère, écrasées par toutes sortes de traumatismes. Celá a exigé de l’équipe un grand effort  pour ne pas tomber dans le piège de « la fatigue de compassion ».  Suivant les personnes, j’observe l’engagement de l’équipe en constante concertation, pour chercher ensemble des chemins pour aider le groupe à sortir de la révolte colérique, des sensations de toutes sortes car elles vivent dans des conditions inhumaines. Deux journées de préparation, un long temps d’écoute pour actualiser leurs forces et les relier à plusieurs expériences pour reconstruire la confiance afin que chacun/ne  retrouve son sourire. La simplicité des mots, les gestes les plus variés reflétaient les transformations que nous pouvions observer au fur et à mesure qu’ils/elles étaient restaurés/es. Bien sûr, avec l’aide d´une équipe joyeuse, qui s’approche doucement de chacun/ne.

 

Les expériences de restauration s’étalent sur plusieurs situations : tremblement de terre, accident, maladie grave des enfants ainsi que le viol. Peu importe la situation, en suivant les actions au-delà du trauma, nous avons trouvé et même créé des moyens pour les aider à prendre conscience de l’amour présent dans leur coeur.  La confiance et la fierté se lisait dans leurs visages au fur et à mesure qu´ils/ elles étaient restaurés.

 

 L´Actualisation de la Force  de l’Amour´: force syhtèse, selon Jeannine GUINDON, permettait aux personnes de voir une force intérieure qui les redresse.  C’est vrai, qu’en peu de temps, j’ai rassemblé  des femmes courbées, tristes… En peu de temps aussi, j’ai vu l’équipe restaurer les personnes devenues des hommes et des femmes rayonnants/es, créateurs/trices.  J’ai vécu une joie profonde d’avoir été témoin des transformations vécues par les personnes qui se sont engagées jusqu’au bout. N’est-ce pas là un des plus beaux cadeaux que les haïtiennes  peuvent donner à leur peuple qui a soif de confiance, de paix et de liberté ?    Par Sr. Izabete Dal-Farra,cic

Secouristes pour la paix - Paroisse Ste Claire - Port au Prince

Leaders en Formation : « Secouriste  pour la Paix »
Paroisse Sainte Claire – Port-au- Prince- Haiti

 

Comment ne pas être émerveillé en entendant les témoignages de ces 26 nouveaux Secouristes de la Paroisse Sainte Claire à Port-au-Prince ? Ils ont été rassemblés par le Père Honoré et ses  Confrères Oblats de Saint François, pour 18 heures de Formation afin d’apprendre à être « Secouristes pour la Paix».

 

Cette formation, conceptualisée par Marie-Marcelle Desmarais, (IFHIM) est un précieux moyens de croissance en autonomie psychique, pour aider les personnes par des prises de conscience, en actualisant ses forces. Cette rencontre a été une étape préparatoire à la Formation des Agents de la Pastorale de la Première enfance. La Formation se passait dans la Maison des Oblats de Saint François de Salle, le 27, 28 et 29 janvier 2014, animée par les Sœurs Izabete Dal-Farra et Diane Parents – Membres du Réseau IFHIM_Haiti
C´est le Père Honoré Brunel, Oblats de Saint François de Salle, Haïtien, Coordinateur de la Pastorale de la Première Enfance, diocèse de Port-au-Prince, qui, depuis trois mois, cherche à sensibiliser dans les Paroisses les Agents, pour former plus tard dans cette pastorale. Travaillant avec les « Sœurs Bleues, »  Il fait appel à Izabete pour les préparer au plan humain. Il croit à la Formation Humaine Intégrale de l´IFHIM, car il avait vu les fruits dans l´engagement du premier groupe de la Paroisse de Marie-Auxiliatrice, formé comme « Secouriste pour la Paix » en Mars 2013.
Que dire des Secouristes ? 26 personnes ! 17 femmes et 9 hommes – dans une tranche d´âge bien varié. (Dans la vingtaine : 10 ; trentaine : 8 ; quarantaine : 4 ; cinquantaine : 4. Quel sont leurs engagement professionnel ? 10 sont dans la santé : Infirmière, Agents de santé, Laboratoire, et un Médecin, 3 enseignants, 1 ingénieur, 2 commerçantes, électricien,  informaticien, gestionnaire et comptable, ferronnier, quelques élèves, ainsi que Sr.   Maitresse et ses  4 novices de la Congrégation de Marie- Reine. 


Que veut-il ce groupe par cette formation ? Sensibles  à la personne, nous voulons apprendre des nouveaux moyens pour regarder, écouter et agir rapidement,  comme « Secouristes pour la Paix » en Haiti.
Echos des participants/es  à la fin de la troisième journée :


    « Je suis réjouis dans mon objectif. Par la Formation, je découvre que je suis déjà secouriste, sans le savoir. Nous vous attendons une autre fois si possible. »


     «  Formation qui a été bonne pour moi. J´ai appris à faire la Paix dans mon corps. Je suis bien. Je souhaite d´autres formations comme ça ! »
    « En venant, j´ai pensé, que j´avais trouvé un kit médical. Dès le premier jour, j´ai vu que c´était moi-même qui avait besoin d´être guéri. J´ai appris toutes les possibilités, que j´ai en moi. Avant je n´étais pas satisfaite de moi-même. C´est quoi ça ?

Ici j´ai découvert ma colère et comment faire pour la contrôler. Quelle différence quand, hier, j´ai vu  mon Enfant en colère. Je me suis approchée de lui et j´ai parlé calmement. Avant je frappais l’enfant. Maintenant, nous sommes famille. C´est bon ! Nous sentons que ce travail doit aller plus loin. Merci aux formatrices


    « La Formation a une grande approche participative. Chaque Homme est devenu un livre. Nous sommes des livres ouverts. On a fait ce qu´on a dit. Les valeurs manquent dans ce pays. Par le Charisme, j´ai découvert que nous pouvons décider ponctuellement  et prioriser la personne. »


    « Pendant 30 minutes, j´étais mal à l´aise ; quand j´ai décidé d´avoir un objectif cela a changé. Je me suis rendu compte que la colère est en moi ; ce n´est pas l´autre qui va chasser, mais moi-même. J’ai découvert les signes vitales d´un secouriste. Comprendre pour m´approcher, écouter ! C´est un travail à continuer en Haiti et dans les autres Pays.! »

 

Pour finir, je vous laisse un geste d´amour gratuit d'une femme – 32 ans !
 « Un jour, j´allais voir mon Collègue de Bureau à l´hôpital Sans Frontières. La visite a commencé à 12 heures. Je l´ai vu, j’ai parlé pour le réconforter. Je suis partie chez moi tout affamée et mes yeux brulaient de sommeil. En cours de route, j´ai vu des écoliers qui ne font que se bagarrer. Au même moment, un motard, s´est arrêté, lui aussi pour mettre fin à ce duel. Il a fait son intervention auprès des enfants, le calme est revenu, mais c´est là qu´on a constaté qu’au cours de cette bagarre, il y avait un petit garçon qu´on a frappé à mort et il était allongé par terre. J´ai dit au Motard : Accompagnez ce petit à l´hôpital, Monsieur. On est tout prêt. Le Motard a crié en disant : Mais Madame, et mes frais d´essence, qu´est-ce que je vais faire pour retourner ? Alors, je lui ai dit : Tiens, voici 25,00 gourdes, je vais t´accompagner. On a mis l´enfant sur la Motocyclette. Je le suivais à pied. Arrivé à l´hôpital aux soins intensifs, on m´a demandé de signer pour l´Enfant, en tant que responsable.


J’ai dit : Je ne sais… pas Moi ! Je l´ai rencontré sur ma route en train de se bagarrer. C´est pas moi. Je ne savais pas quoi faire. Et, l´Enfant m´a dit d´un air souffrant : Je te donne l´adresse de chez moi, ma maman est à la Maison. Ah ! Je suis descendu à pied, en courant.


J´ai pris un Tap-Tap, pour me rendre `50 km de l´Hôpital. Descendu du Tap-Tap, j´ai pris 30 minutes de recherche avant de trouver la Maman du Petit. D´abord, elle ne voulait pas aller à l´hôpital, car elle m´a dit ne pas avoir l´argent...  Je l´ai accompagnée  pour l´amener auprès de son fils. Après je lui ai donné « un pti sou », afin qu´elle puisse acheter à boire à l´Enfant. Une fois terminé, j´ai pris le chemin de chez moi. C´est là que j´ai remarqué que le sommeil et la faim qui me tracassait s´est envolé. J´étais  contente ! »